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 La garde nationale
 1789 - 1871

 

        Ces renseignements proviennent essentiellement du livre de Georges Carrot, édition l'harmattan.

Georges Carrot explique en 360 pages la création puis l'évolution de la garde nationale.

Pour ceux que ça intéresse, voici en bref comment elle a été créé. Puis je passerai directement à 1848.

        En 1788 les parlementaires se discréditent aux yeux de l'opinion publique en refusant la double représentation du tiers aux Etats généraux. Craignant de manquer de grains, la population attaque des convois de blé, pille des boutiques. Devant la fréquence de ces émeutes petites ou grandes, les autorités locales ne disposent  que de la maréchaussée ou de détachements de l'armée royale. Mais les militaires ne peuvent pas être partout. Pour maintenir l'ordre dans Paris, Louis XVI fait venir des régiments de l'Est et du Nord. A juste titre, l'Assemblée se trouve menacée. Le 8 juillet 1789, Mirabeau dénonce le danger que fait courir au peuple et à la Nation la présence de soldats d'origine souvent étrangère. Dimanche 12 juillet des manifestants se heurtent aux cavaliers du Royal-Allemand. Cette action de cavaliers étrangers contre une foule composée principalement de bon  bourgeois, provoque une très forte réaction. Des cris, aux armes ! retentissent, le tocsin sonne, des patrouilles du guet sont désarmées, on pille de nombreuses armureries. Des gardes françaises sortent spontanément de leur caserne et font feu sur le Royal-Allemand. Cette sédition ouverte d'un corps de la Maison du Roi ainsi que l'entrain montré par la foule parisienne, déroutent les chefs de l'armée. Le 13 juillet l'Assemblée demande au Roi, l'autorisation d'établir des gardes bourgeoises, d'admettre que c'est au peuple de défendre le peuple et insiste sur l'éloignement des troupes. Le mardi 14 juillet au matin, une foule énorme envahit l'Hôtel des Invalides, pille les 32 000 fusils et s'empare de douze pièces d'artillerie, sans que la troupe réagisse. On connait la suite ... direction Bastille !

Le mercredi 15 juillet, les 88 délégués de l'Assemblée, dont Bailly et La Fayette, arrivent à Paris (environ 600 000 habitants). On estime qu'il y avait plus de 100 000 hommes armés de fusils, de faux, de piques, de haches ... Il fallait absolument régulariser cette prise d'armes et la contrôler.

     Le marquis de La Fayette est nommé "Colonel général de la milice bourgeoise". Le 16 juillet, La Fayette donne à ces troupes citoyennes armées,  le nom de "Gardes nationales". L'uniforme reprend les couleurs de la cocarde tricolore.  L'habillement relativement cher, reste à la charge des citoyens. Ce qui écarte les personnes non fortunées, les ouvriers non domiciliés et les domestiques.

    Le 6 octobre 1789, 5 à 7 000 émeutiers, émeutières, suivis de 20 000 gardes nationaux de Paris vont chercher la famille Royale à Versailles. Le Roi réside désormais aux Tuileries sous la garde de 300 gardes nationaux, autant sentinelles que geôliers. L'Assemblée nationale est également placée sous la protection de la garde nationale parisienne.

    Le 14 juillet 1790 La Fayette prononce le serment des gardes nationaux :

" Nous jurons d'être à jamais fidèle à la Nation, à la Loi et au Roi ; de maintenir de tout notre pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par le Roi ; de protéger conformément aux lois, la sureté des personnes et des propriétés, la circulation des grains et des subsistances dans l'intérieur du royaume ; la perception des contributions publiques sous quelques formes qu'elles existent ; de demeurer unis à tous les Français par les liens indissolubles de la fraternité ".

    Selon les périodes, G. Carrot attribut différents rôles à la garde nationale :
Arme révolutionnaire     1789-1790
Instrument politique        1790-1791
Institution de la Nation   1791-1815
Institution militaire         1800-1815
Institution monarchique  1814-1848
Espoir de la démocratie sociale 1848-1871
 

 

 Sous Louis-Philippe, la garde nationale apparaît comme le principal soutien de la monarchie constitutionnelle. La loi y appelle tous les citoyens valides de 20 à 60 ans, payant une contribution foncière. Tout garde national se considère comme un bourgeois. Et le roi bourgeois confie tout naturellement les principaux postes de Paris (Hôtel de Ville, Tuileries …) à sa garde bourgeoise.   Mais le droit de vote n’est pas pour autant accordé à ces défenseurs d’un régime qui maintient très haut la barre du cens électoral, et la crise atteint gravement la petite et même la moyenne bourgeoisie. 

     A travers ses boutiquiers, commerçants, artisans, la petite bourgeoisie, amoureuse de l'ordre mais exclue du suffrage censitaire, se considère comme une composante essentielle de la monarchie constitutionnelle. Sous l'uniforme que chacun finance de ses propres deniers, la garde nationale est gardienne de la sécurité des biens et des personnes sur tout le territoire nationale. Or bon nombre de ces gardes déplorent l'état de corruption dans lequel est plongé la représentation nationale.

 
     En 1848 la garde nationale est devenue l'expression armée du pays légal. Le pays légal est constitué par les personnes qui ont le droit de voter. En instaurant le suffrage universelle, la IIe République fait suivre le droit de vote par le droit au fusil.

Paris compte 12 arrondissements, donc 12 légions. Chaque  arrondissement est divisé en 4 quartiers donc 4 bataillons. Dans un quartier, le bataillon est partagé en 8 compagnies.

Le VIIIe arrondissement réunis les quartiers Popincourt, du Marais, du faubourg Saint-Antoine et des Quinze-Vingts. La rue de Ménilmontant est dans le quartier Popincourt. Aimé est capitaine élu de la 4e compagnie.

 

    Durant les journées de février 1848, la garde nationale de Paris, soit n'a pas répondu à l'appel et ne s'est pas déplacée, soit elle s'est interposée entre les manifestants et l'armée, soit elle a pris part aux combat pour défendre les barricades ou attaquer le château d'eau place du Palais Royal.

 

Les légions, suivant les quartiers dont elles sont issues, n'ont pas les mêmes réactions aux évènements. En général les quartiers Est, soutiennent les manifestants tandis que les quartiers Ouest, se rangent du côté de l'armée pour le maintient de l'ordre.

 

 

 

    La garde nationale est une force armée qui dépend du pouvoir civil, (le préfet et le maire de la commune). En 1848, le maire de Paris M. Marrast disposait de 190 299 hommes et des effectifs de la garde mobile.

Les infirmes, les employés des pompes funèbres, les facteurs et postillons des postes ... sont dispensés des services dus à la garde nationale.

Suite à sa participation à la commune de Paris, la garde nationale sera définitivement supprimée le 14 mars 1872.

 

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